Quand "Le Grand Train" s'arrêtait à Cour-Cheverny

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Il fut un temps où le train était un important moyen de commu­nication et de transport en Loir-et-Cher. Entre le milieu et la fin du 19e s. des lignes de chemin de fer et de tramways furent construites pour relier Blois aux différents chefs-lieux de can­ton. Le tronçon qui nous intéresse faisait partie de la liaison Nord-Sud : de Pont-de-Braye à Blois par Vendôme (exploité par le réseau d’État), et de Blois à Villefranche-sur-Cher par Romorantin (exploité par la Cie du chemin de fer de Paris à Orléans (PO)).

Pourquoi le « Grand Train » ?
Tout simplement parce que les trains circulaient sur une voie dont l’écar­tement de 1,45 m était le même que celui du réseau national, permettant ainsi le raccordement direct à ce réseau, à Vendôme, Blois et Romorantin. Toutes les autres lignes intra-départementales étaient des lignes de tram­ways exploitées par la Cie des Tramways de Loir-et-Cher. Les tramways (à vapeur et électriques pour certaines lignes) circulaient, eux, sur une voie dite « métrique » (écartement = 1 m) dont le coût de construction était moins élevé.


La ligne Blois/Villefranche-sur-Cher fut réalisée en trois tronçons. Le pre­mier reliant Villefranche à Romorantin fut ouvert à la circulation à partir de 1872 et le tronçon Romorantin/Vineuil /Saint-Claude-de-Diray, qui nous inté­resse, le 13 octobre 1883. C’est après la construction du pont sur la Loire que fut ouverte, le 31 octobre 1884, la section Vineuil/Blois.

La gare de Cour-Cheverny


Venant du Nord, la voie franchissait le Beuvron (le pont existe toujours) et pénétrait sur le territoire de la commune de Cour-Cheverny en enjambant la route de Clénord à Tour-en-Sologne et le chemin de la Bervinière (en face des Huards). Poursuivant sa route par l’Épinglerie et la Trésorerie, il péné¬trait dans le bourg par La Touche et empruntait l’actuelle rue des Anciens Combattant d’Afrique du Nord où se trouve encore l’ancienne gare. S’écar¬tant de la route de Romorantin au niveau du carrefour avec l’ancienne route de Romorantin (à la hauteur de la maison médicale), la voie ferrée quittait la commune à hauteur du lieudit La Roche en croisant le chemin des Boeufs. Le train poursuivait sa route vers le sud en direction de la gare de Fontaine et Soings-en-Sologne située à la Gaucherie.

Le tracé de la voie ferrée sur nos communes
Le parcours du train sur le territoire de Cheverny et Cour-Cheverny peut être observé sur le plan cadas¬tral où figurent les parcelles (étroites et allongées) représentant l’ancienne emprise de la voie ferrée : reliées les unes aux autres, elles forment un long « tuyau » presque ininterrompu. De même, on peut encore, à certains endroits, voir les maisons des gardes barrières voie de Chantreuil (1) ou 
chemin des Bons-coeurs (PN n° 204, la  plaque signalétique est toujours présente). 

Le dernier train
Concurrencés par la route et d’un coût devenu trop élevé, les tramways furent supprimés entre 1934 et 1935.
Sur notre ligne, le transport des  voyageurs cessa en 1938, fut rétabli  en 1939 puis cessa à nouveau définitivement après la défaite de juin 1940, seul  subsistant le trafic  des marchandises jusqu’au bombardement,  le 11 juin 1944, du pont sur la Loire  qui entraîna l’arrêt total de l’exploitation.
Les rails furent déposés en 1950.

(1) Lire aussi le témoignage d’Alice Leroux, garde-barrière, 
et les "Toponymes et le train"

Les Boute-en-train
Le Héron - La Grenouille n° 29 - Octobre 2015


Ancienne maison de garde barrière